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Ma passion pour l'espace, sa conquête, ses héros
CAP KENNEDY - DECEMBRE 1999

3 DECEMBRE 1999 - Invitation au Centre Spatial de Cap Kennedy Comment oublier mes huit ans, fasciné par la conquête de l'espace ? Armstrong sur la lune, les amerrissages, les décollages de Cap Canaveral rebaptisé ensuite Cap Kennedy. Oui j'ai rêvé de visiter ces lieux, de rencontrer ces héros. Comment oublier ce 29 Janvier 1987 ? Ce jour-là j'ai reçu une lettre de Jean-Loup CHRETIEN qui répondait à mon courrier et reprenait ainsi contact avec son ancienne école. Je relis encore ces quelques mots qu'il à adressés à notre Communauté Educative et plus particulièrement aux élèves : « Pour l'avenir, à vous tous qui aimez la vie, et donc le rêve, j'ai beaucoup rêvé à Saint-Charles, à ce que j'ai eu la chance de faire ensuite … ». Comment oublier ce Mercredi 21 Juillet 1999 – trentième anniversaire de l'homme sur la lune -, alors que Madame CARIOU et moi-même élaborions les emplois du temps pour la rentrée suivante, et que Pierre – élève en M.P.S.I. - souhaita me voir pour me demander discrètement « Est ce que cela vous ferait plaisir si je vous invite au lancement de la navette spatiale Discovery depuis Cap Kennedy le 14 Octobre 1999 ? ». Je ne sais même pas si je lui ai répondu oui ! Comment oublier ces différents reports de tir jusqu'au jour où la date de départ fut fixée de manière définitive, à savoir le Vendredi 3 Décembre 1999 ? J'avais beaucoup rêvé à ce que j'allais avoir la chance de vivre alors. Je pense que ce fut également le cas de Pierre, Daniel et Claire qui faisaient partie de « l'équipe ».

 Ce matin là nous sommes partis à 6 heures de la gare de Saint-Brieuc. L'arrivée à Roissy Charles De Gaulle eut lieu à 10 h 15 heure française. Pour la première fois j'ai découvert une aérogare : que de distance à parcourir, que de formalités, quelle grandeur. Une ville dans la ville. Nous avons décollé à 13 heures juste derrière sa majesté le CONCORDE dont le bruit des réacteurs à couvert jusqu'à nos voix. C'est parti pour un voyage de plus de huit heures. De ce décollage, je retiens l'image d'un temps hivernal, humide au sol, puis, en quelques instants, après avoir franchi les nuages, le grand soleil. On nous invite à passer à l'heure américaine et … à table. C'est ainsi qu'à sept heures du matin j'ai commencé mon repas en prenant un apéritif. Pour mon premier vol intercontinental j'ai connu ces fameuses turbulences, notamment en passant au-dessus de la Bretagne – entre 8 et 9 heures (heure américaine). A bord, nous avons – après plusieurs essais - rempli ce fameux formulaire d'enregistrement pour entrer aux Etats-Unis. Cela surprend de devoir répondre à des questions telles que «Demandez-vous l'entrée aux Etats-Unis dans l'intention de vous livrer à des activités criminelles ou immorales ? ». C'est à 16 heures, heure locale, que nous avons atterri à Washington. L'aérogare y est superbe : propreté, musique et moquette. Correspondance pour Orlando : départ 17 h 25, arrivée 19 h 30. Le survol de la Floride en nocturne nous a permis de nous rendre compte de l'immensité des villes. Observées du ciel, elles ressemblaient à d'immenses toiles d'araignées illuminées. Le temps de louer la voiture et de trouver l'hôtel, situé au 13603 de la West Colonial Drive, … à 22 heures nous pouvions profiter d'un moment de repos. Nous avions six jours devant nous et plein de choses à découvrir. Orlando, fondée il y a 150 ans. Ses immenses avenues de plusieurs kilomètres ; des quartiers d'où les « gratte-ciel » sont absents. Orlando, première destination touristique mondiale grâce à Disney-World et tout à côté Cap Kennedy. Orlando et son climat quasi subtropical qui lui permet d'être un important centre de production et de distribution d'agrumes et de primeurs. Orlando où nous avons préparé Noël au soleil ou dans la piscine. Le matin nous étions debout de bonne heure. Le temps était ensoleillé et le climat très doux. Je n'oublie pas les écureuils qui nous ont offerts de bons moments tous les matins. C'est aussi l'instant d'allumer la télévision avec ses innombrables chaînes dont la plupart spécialisées : infos, météo, sport, feuilletons, etc. Deux événements ont particulièrement été développés lors de cette semaine : la mort de six pompiers dans un incendie et une tuerie dans une école. Arrive le moment du petit déjeuner : comme tout bon américain, direction le fast food pour un petit déjeuner aussi copieux que lourd. Croyez-moi l'obésité n'est pas un rêve dans ce pays. En regardant autour de soi, on se rend compte que le fast food est le lieu où se côtoient toutes les générations, toutes les catégories, depuis les élèves qui s'apprêtent à prendre les fameux bus jaunes, aux sapeurs pompiers qui sont de garde ou reviennent de mission, en passant par l'homme d'affaires ou encore les agents municipaux. Pour changer, vous pouvez vous rendre au Tex-Mex – restaurant mexicain, il y a près de 9 % de la population qui est d'origine hispanique – l'observation est la même. A deux reprises nous nous sommes rendus à Disney World, immense complexe qui se divise en quatre parties pour une superficie de 11128 hectares : Epcot Center, Disney MGM Studios – 54 hectares -, The Magic Kingdom, et enfin Typhoon Lagoon. Nous avons choisi de visiter les deux premiers. Nous avons été frappés par la grandeur des sites, mais aussi par l'organisation extraordinaire qui y règne : tout est conçu pour un bon accueil de tout le monde : stationnement, facilités de transport, accès à tous les points des sites pour quiconque : poussettes pour les bébés, fauteuil pour les personnes à mobilité réduite. .Et que dire de la communication : accès aux ordinateurs, possibilité d'envoyer gracieusement des e-mail avec photo. Par ailleurs chacun est invité à respecter l'autre : interdiction de fumer, tenue décente, invitation à rester courtois envers les autres visiteurs. Nous avons vécu des sensations fortes dans les simulateurs tels que « Star Wars », « Catastrophe Canyon » - un train pris dans un tremblement de terre ou encore celui qui nous a permis de faire un « Voyage dans le corps humain ». Nous avons été impressionnés par les cascades d' « Indiana Jones » et séduit par la beauté du spectacle de la « Petite Sirène ». Mais que dire de la nouvelle attraction, relative à la sécurité routière « Test Track » : renversant. Nous avons pu apprécier la qualité des projections en trois dimensions : « J'ai rétréci le public » ou encore « Le Muppet Show » qui s'est achevé avec la «Marseillaise». Autre forme de simulation « Sounds Dangerous » : le public, plongé dans l'obscurité, imagine la scène grâce aux différents effets sonores. D'autres visites plus instructives nous ont permis de remonter le temps à l'époque des dinosaures et d'assister à l'évolution des différentes formes d'énergies et de leur exploitation, ou encore de découvrir ce que pourrait être l'agriculture de demain à travers d'immenses serres où le maïs est «surveillé» par des robots. Enfin, nous avons découvert la conception et la réalisation actuelle d'un dessin animé. Si l'ordinateur anime le personnage, le croquis reste l'œuvre de l'artiste. Nous avons pu assister à une démonstration : en quelques coups de crayons, Mickey prenait forme. Pas question pour le dessinateur d'offrir ce croquis à quiconque dans le public – exclusivité oblige -. Parmi les dix pays représentés à EPCOT, nous avons sillonné la France : sur les quais de la Seine, nous avons discuté avec un Nantais venu travailler un an à Disneyworld. Sur le site du Canada nous avons assisté à une projection en 360° d'un film intitulé « O Canada ». Ce système nous permet d'être au centre de l'action . Prenant et renversant. Avant de quitter ce monde merveilleux, baigné de soleil, où les chants et les sapins nous ont permis de vivre un Noël étonnant, nous sommes montés à bord du Spaceship Earth – balle de golf géante - où nous avons admiré toutes les formes de communication depuis l'aube des temps, jusqu'à celles qui sont imaginées pour le futur. L'objectif principal de notre voyage restait le décollage de la navette spatiale. Pour la N.A.S.A., le planning de cette première semaine de Décembre était partagé entre la mission de Discovery et la mission sur la planète Mars. Pour la seconde, après plusieurs heures d'attente, relayées en direct à la télévision, ce fut un constat d'échec. Quant à la navette, un problème de dernière minute a contraint l'agence spatiale américaine à un nouveau report. Déçus ? Oui. Mais nous avons eu la chance d'être reçus au Cap Kennedy.

 

C'est ainsi que le 6 Décembre 1999 nous avons pris la route pour ce lieu qui nous a tant fait rêver. Après avoir traversé les «Everglades», tout au bout de cette longue route droite, nous ne savions où donner de la tête entre les maquettes grandeurs nature des différentes fusées des programmes Mercury, Gémini, et celle de la navette spatiale Explorer. Nous avons été très bien accueillis par le service du protocole qui nous a remis le dossier descriptif de la mission STS 103. Munis de notre badge, nous avons commencé la visite des lieux. La photo souvenir avec un homme équipé d'une combinaison lunaire était une obligation. Nous avons assisté à la projection d'un IMAX ® décrivant une mission de la navette : le spectateur a vraiment l'impression d'être à bord. Comment oublier ces superbes images de la terre ? A quelques centaines de mètres se trouve le bâtiment d'assemblage des fusées et des navettes : nous sommes ici au pays de Gulliver, quelle grandeur ! De là se déroule la route qu'emprunte ce véhicule géant qui conduit aujourd'hui encore la navette à son Pad de tir tout comme il le fit pour les immenses fusées SATURN V des programmes Apollo et Skylab. A mi-chemin, sur la droite une tour d'observation fait face aux différents sites de lancements. Enfin nous l'apercevons : Discovery est là ; au sol ,une fourmilière humaine s'affaire. Grâce aux jumelles et au camescope nous nous en approchons : le spectacle est de moins bonne qualité qu'à la télévision mais en ce jour la navette est encore plus belle et le spectacle qu'elle nous offre nous procure de plus fortes sensations. Quelle beauté ! Le rêve de plusieurs années devient réalité : merci Pierre. Nous revenons sur nos pas pour rejoindre le Centre « Apollo – Saturn V ».

Quelques souvenirs a jamais présents.

 

L'imposante porte qui semble blindée s'ouvre : nous allons remonter le temps. Un document vidéo nous fait revivre les débuts de la conquête spatiale. Nous réécoutons le discours de J.F. Kennedy : « We'll go on the moon … » – souvenirs, souvenirs -. Maintenant nous pénétrons dans la salle de contrôle qui ne sert que pour les premières minutes de la mission : sur les trois écrans géants défilent les images du lancement d'Apollo 11 ; grâce à un savant trucage, les baies vitrées situées derrière nous tremblent au moment du décollage. Une nouvelle porte s'ouvre : là, dans un gigantesque hall, la réplique de la fusée Saturn V : spectacle superbe, grandiose devant lequel le spectateur reste un instant sans voix. Que de choses à voir : depuis les détails de la fusée aux différents éléments situés autour d'elles, et qui font resurgir beaucoup d'images : les cinq réacteurs, tels des colosses, qui vont propulser la fusée, la combinaison de Jim LOVELL, le Module Lunaire, la Jeep lunaire, le petit fourgon qui conduisait les cosmonautes jusqu'à la fusée. On peut même voir l'intérieur de la capsule. Au-dessus de la fusée, tous les fanions des différentes missions. Dans la salle suivante un spectacle audiovisuel nous permet de revivre l'alunissage et les premiers pas d'Amstrong sur l'astre de la nuit. Le moment est déjà venu de songer au retour.

 

 

 Nous effectuons quelques achats. Nous prenons le temps d'adresser un fax à Saint-Charles pour donner des nouvelles et leur dire quel moment extraordinaire nous sommes en train de vivre. Ce voyage restera à jamais un grand moment pour nous. J'ai eu cette grande chance de l'avoir vécu. Saint-Charles et la N.A.S.A. unis par le biais des élèves qui participent à un stage, au mois de Juillet, à Houston, unis aussi car, quelque part dans le Centre Spatial de Cap Kennedy il y a le Pin's de notre établissement. Saint-Charles, la N.A.S.A., Jean-Loup CHRETIEN qui nous invitent à nous projeter activement dans l'avenir sans jamais baisser les bras (« Never give up »).

Ecrit par dimitri, le Dimanche 6 Avril 2003, 14:01 dans la rubrique "Premiers Pas".